14 octobre 2026
Candidat

Top 10 des métiers les plus recherchés en Suisse romande en 2026

Une ingénieure portant un casque de chantier consulte une tablette devant un immeuble en construction.

Où les recruteurs romands manquent-ils vraiment de candidats ? Pas forcément là où on l’imagine. La pénurie de main-d’œuvre a nettement reculé en 2025, le marché est devenu plus sélectif, et des métiers que l’on croyait intouchables, comme l’informatique ou l’administration, ont perdu des places. D’autres, dans la santé, la construction et la finance, restent en tête.

Ce classement s’appuie sur l’indice de la pénurie de main-d’œuvre 2025 établi par Adecco Group Suisse et l’Université de Zurich, sur les Job Index trimestriels les plus récents (jusqu’au deuxième trimestre 2026) et sur le baromètre de l’emploi de l’Office fédéral de la statistique. Chaque chiffre est daté et sourcé. Nous le mettrons à jour à chaque nouvelle édition.

D’où vient ce classement

Un métier « recherché » est un métier où il y a beaucoup de postes à pourvoir pour peu de personnes qui les cherchent. C’est exactement ce que mesure l’indice de la pénurie de main-d’œuvre publié chaque automne par Adecco Group Suisse et le Moniteur du marché de l’emploi de l’Université de Zurich. Ce qu’il faut savoir pour lire le top 10 :

  • La mesure. Pour chacun des 32 groupes de professions, l’indice rapporte le nombre de postes vacants (annonces relevées par le Job Index) au nombre de personnes en recherche d’emploi inscrites auprès des ORP. Plus le rapport est élevé, plus le métier est recherché. L’année 2025 regroupe le quatrième trimestre 2024 et les trois premiers trimestres 2025 ; l’édition a été publiée le 27 novembre 2025.
  • Le périmètre. Le classement ci-dessous est celui de la « Suisse latine », la découpe régionale la plus fine de l’étude qui couvre les six cantons romands, le Tessin et les Grisons italophones et romanches. Il n’existe pas de classement limité à la seule Suisse romande.
  • La nuance 2025. En Suisse latine, seuls les professionnels de la santé affichent encore une pénurie manifeste. Pour les neuf autres groupes du top 10, l’offre de candidats dépasse désormais la demande, mais ils restent les métiers où le rapport entre postes vacants et candidats est le plus favorable. Être dans ce classement veut dire « parmi les plus demandés », pas « embauché à coup sûr ».

Le Conseil fédéral lui-même, dans son rapport d’avril 2026 sur les causes et les conséquences de la pénurie de main-d’œuvre, cite cet indice comme l’une des mesures de référence par profession.

Le top 10 des métiers les plus recherchés en Suisse latine (édition 2025)

Classement par rapport entre postes vacants et personnes en recherche d’emploi, avec la position nationale quand l’étude la donne :
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1. Professionnels de la santé

Médecins, pharmaciens, responsables des soins. C’est la seule catégorie encore en pénurie manifeste en Suisse latine, et la première du classement national sans interruption depuis 2022. Moteur principal : le vieillissement de la population, qui augmente la demande de soins. La plupart de ces postes exigent un diplôme de niveau tertiaire.

02

2. Conducteurs de travaux, contremaîtres et responsables de production

Chefs de chantier, contremaîtres peintres, chefs de construction mécanique. Deuxième place en Suisse latine comme au niveau national, portée par des carnets de commandes bien remplis dans la construction. Ce sont des postes d’encadrement, souvent accessibles par brevet ou école supérieure après un CFC.

03

3. Professionnels des finances et des mathématiques appliquées

Courtiers en valeurs mobilières, statisticiens, mathématiciens. Troisième place en Suisse latine, sixième au niveau national. Au niveau suisse, ce groupe est sorti de la zone de pénurie en 2025 : la demande reste forte, mais le nombre de candidats a augmenté.

04

4. Spécialistes en finance et en gestion d’entreprise

Économistes d’entreprise et profils de gestion. Quatrième place en Suisse latine, où la place financière et les sièges d’entreprises pèsent sur la demande. Un groupe où les postes se gagnent sur la spécialisation : contrôle de gestion, conformité, finance d’entreprise.

05

5. Professionnels de l’ingénierie et assimilés

Techniciens en construction mécanique, techniciens en ingénierie des systèmes, en automatisation et en processus d’entreprise. Troisième place au niveau national, malgré la mauvaise conjoncture de l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux. La majorité de ces postes demandent une formation professionnelle de niveau secondaire, pas forcément une haute école.

06

6. Polymécaniciens, mécaniciens de production, mécaniciens de machines et machinistes

Cinquième place au niveau national. Le groupe a quitté la zone de pénurie en 2025 et fait partie de ceux dont le nombre de postes vacants par candidat a le plus baissé en Suisse latine, sous l’effet du ralentissement industriel. Il reste néanmoins dans le top 10.

07

7. Électriciens et électroniciens

Monteurs électriciens, électromécaniciens, techniciens de service. Quatrième place nationale, demande soutenue par la construction. Un CFC suffit pour la plupart de ces postes, et c’est l’un des groupes où la pénurie a le plus reculé en 2025, signe que les candidats sont revenus.

08

8. Développeurs et analystes de logiciels et d’applications

Le groupe reste dans le top 10 romand, mais c’est celui dont la trajectoire a le plus changé : au niveau suisse, les annonces pour les professions hautement qualifiées de l’informatique ont reculé de 18 % sur l’année 2025, avant de repartir de 6 % sur les douze mois à fin juin 2026. Le marché recrute toujours, mais il trie.

09

9. Métiers des sciences naturelles, des mathématiques et de l’ingénierie

Chimistes, physiciens, ingénieurs de recherche. Neuvième place, avec une demande en recul : ces professions tournées vers l’exportation subissent les droits de douane et la réticence à investir. Les annonces du groupe ont baissé de 18 % sur les douze mois à fin juin 2026 au niveau suisse.

10

10. Professionnels du commerce et personnel administratif

Administration sociale et assurances sociales, police judiciaire, fonctions administratives qualifiées. Dixième place en Suisse latine, alors qu’au niveau national le groupe a chuté de la 21e à la 28e place en un an. Sa présence dans le top 10 romand tient à une demande régionale plus solide qu’ailleurs.

Juste derrière : les assistants de santé (11e), qui ont gagné un rang au niveau national, et les spécialistes en TIC, bases de données et réseaux (12e). Tout en bas du classement, avec nettement plus de candidats que de postes : le personnel de bureau avec contact clientèle, le personnel de vente, le secrétariat général, les services à la personne et le personnel auxiliaire.

Ce qui a changé en 2025 : moins de pénurie, un marché plus sélectif

L’édition 2025 de l’indice marque la deuxième année de recul consécutive. Les chiffres :
01

L’indice recule de 22 % en Suisse, de 17 % en Suisse latine

Moins de postes vacants (-8 % au niveau suisse, -5 % en Suisse latine) et plus de personnes en recherche d’emploi (+17 % en Suisse, +14 % en Suisse latine). Le taux de chômage est passé de 2,3 % en 2024 à 2,8 % en 2025. L’indice est revenu près de son niveau d’avant la pandémie.

02

Quatre groupes en pénurie sur 32, un seul en Suisse latine

Au niveau national, seuls la santé, la conduite de travaux, l’ingénierie et l’électricité restent en pénurie. En Suisse latine, seule la santé. Partout ailleurs, le nombre de candidats dépasse celui des postes.

03

Les grands perdants : bureau, administration, commerce, informatique

Les professionnels du commerce et le personnel administratif passent de la 21e à la 28e place nationale ; les métiers de l’information et de la communication perdent six rangs, les métiers de bureau sept. Sur l’année 2025, les annonces pour la vente et l’administration ont reculé de 20 %, celles de l’informatique de 18 %. Selon une étude du KOF citée par le Job Index, l’IA générative explique au plus un cinquième de ce recul ; le reste tient à la conjoncture.

04

Les gagnants romands : artisanat et encadrement

En Suisse latine, deux groupes ont vu leur nombre de postes vacants par candidat augmenter d’au moins 30 % en un an : les métiers de l’artisanat et des arts, et les professions d’encadrement, par exemple dans la santé ou l’animation. L’étude y voit l’effet du vieillissement de la population et d’une demande régionale plus solide.

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Dans le Sud-Ouest, services à la personne et santé en hausse

Sur l’ensemble de 2025, les annonces ont progressé de 33 % dans les services à la personne, de 13 % dans la santé et de 13 % dans l’assemblage et le personnel auxiliaire en Suisse du Sud-Ouest (Genève, Vaud, Valais, Tessin), alors qu’elles reculaient de 21 % dans la vente et l’administration et de 19 % dans la restauration.

Lecture pour un candidat : la pénurie ne protège plus que quelques métiers. Partout ailleurs, la différence se fait sur la spécialisation et sur la façon dont on se rend visible.

Tendances 2026 : ce que disent les données les plus récentes

Le classement date de l’automne 2025. Les indicateurs publiés depuis confirment la hiérarchie :
01

La santé accélère encore

Sur les douze mois à fin juin 2026, les annonces pour les professions hautement qualifiées de la santé ont progressé de 17 % au niveau suisse, la plus forte hausse de tous les groupes (Job Index T2 2026, publié le 9 juillet 2026).

02

L’artisanat, l’industrie et le bureau repartent

Même période : +12 % pour les métiers de l’artisanat et de l’industrie, +9 % pour les métiers de bureau, +6 % pour l’informatique. À l’inverse, -18 % pour les sciences naturelles, -13 % pour le commerce, l’administration et la vente, -10 % pour les professions hautement qualifiées de l’économie.

03

Le volume global reste stable

Le nombre d’annonces est en recul de 1 % sur un an en Suisse et de 2 % en Suisse latine. Le taux de chômage atteint 3 % en mai 2026, en hausse de 0,3 point sur un an.

04

86’000 places vacantes, un tiers des entreprises peinent à recruter

Au quatrième trimestre 2025, les entreprises suisses annonçaient 86’000 places vacantes, soit 4,3 % de moins qu’un an plus tôt, et 36,2 % d’entre elles, pondérées par l’emploi, signalaient des difficultés à recruter du personnel qualifié (OFS, baromètre de l’emploi). Les entreprises qui prévoyaient d’augmenter leurs effectifs représentaient 10,1 % de l’emploi, contre 5,2 % pour celles qui prévoyaient de les réduire.

05

Prochaine édition de l’indice : fin novembre 2026

Nous mettrons ce classement à jour dès sa publication. D’ici là, les Job Index trimestriels donnent la direction : santé, construction et technique en tête, bureau et vente sous pression.

Vous exercez l’un de ces métiers : comment en profiter

Être dans un groupe recherché change le rapport de force, à condition de s’en servir. Quatre réflexes :

  • Posez vos conditions avant de discuter. Salaire annuel, taux d’activité, lieu, télétravail : dans un métier où les postes vacants dépassent les candidats, c’est à l’employeur de s’adapter. Nos conseils pour négocier son salaire valent aussi à l’embauche.
  • Ne postulez pas à l’aveugle, soyez trouvable. Dans la santé, la construction ou l’ingénierie, les recruteurs cherchent activement. Un profil à jour, visible et précis sur vos exigences rapporte plus que vingt candidatures spontanées. Voyez comment capter les opportunités sans chercher.
  • Faites valoir vos titres. Les deux premiers groupes du classement exigent le plus souvent un diplôme tertiaire ; les suivants, une formation professionnelle de niveau secondaire avec, pour l’encadrement, un brevet ou une école supérieure. Un titre reconnu en Suisse se négocie ; dites lequel vous avez, et lequel vous préparez.
  • Regardez canton par canton. La demande n’est pas la même à Genève, dans le canton de Vaud, à Lausanne, en Valais, à Fribourg, à Neuchâtel ou dans le Jura. Nos pages par canton détaillent les secteurs qui recrutent.

Et si votre métier n’est pas dans le top 10 ?

Vente, secrétariat, bureau avec contact clientèle, services à la personne : ces groupes comptent aujourd’hui nettement plus de candidats que de postes, en Suisse latine comme ailleurs. Cela ne veut pas dire qu’on n’y recrute plus, mais que l’on y trie davantage. Trois pistes, sans garantie :

  • Se spécialiser dans son propre domaine. Le personnel de bureau en finances, comptabilité et gestion du matériel se classe 22e en Suisse latine, loin devant le secrétariat général (30e). À métier proche, la compétence technique fait la différence : paie, comptabilité, outils de gestion, langues.
  • Viser les groupes voisins qui montent. Les assistants de santé (11e) et les professions d’encadrement progressent. Pour un profil administratif, un passage vers l’administration hospitalière ou sociale, ou vers une fonction de coordination d’équipe, est souvent plus court qu’une reconversion complète.
  • Préparer une reconversion avec méthode. Si vous changez de voie, choisissez une cible dans le haut du classement et vérifiez la formation exigée avant de vous lancer. Notre guide pour réussir sa reconversion détaille les étapes et les aides.

Dans tous les cas, soignez ce que les outils de tri lisent en premier : un CV clair et structuré, avec les intitulés de poste exacts et les titres obtenus.

La méthode Licorn : dans un métier recherché, ce sont les recruteurs qui viennent à vous

Licorn inverse la candidature. Ce que cela change pour les métiers de ce classement :
01

Vos exigences d’abord

Salaire annuel, taux, lieu, télétravail : vous les fixez dans votre profil. Seules les entreprises prêtes à les accepter peuvent vous contacter. Dans un métier en tension, c’est le bon ordre.

02

Des propositions ciblées, pas des annonces

Les recruteurs vous écrivent avec un poste précis qui correspond à vos critères. Licorn génère votre CV à partir de votre profil, vous n’avez rien à rédiger.

03

Invisible pour votre employeur actuel

Votre profil est masqué pour l’entreprise qui vous emploie. Vous pouvez mesurer votre valeur sur le marché sans risque, et attendre la bonne proposition plutôt que de postuler.

FAQ

Questions fréquentes sur les métiers les plus recherchés

En résumé

En Suisse romande, la santé reste le seul domaine en pénurie franche. Derrière, la conduite de travaux, la finance, l’ingénierie, la mécanique et l’électricité forment le groupe des métiers où les candidats manquent encore relativement, tandis que l’informatique, l’administration et la vente sont entrées dans un marché qui trie. Le classement bouge chaque année : ce qui ne change pas, c’est que les postes se gagnent sur la spécialisation et sur la visibilité.

Si vous exercez l’un de ces métiers, fixez vos conditions et laissez venir les propositions.