Emploi en Suisse romande : Licorn révèle ce que les candidats veulent en 2026
Que demandent vraiment les personnes en recherche d’emploi en Suisse romande ? Quel salaire, quel taux d’activité, combien de télétravail, quel type de contrat, et depuis où ? Les enquêtes publiques mesurent ce que les entreprises paient. Elles ne disent rien de ce que les candidats exigent avant de signer. Licorn le sait, parce que chaque candidat inscrit pose ses conditions dans son profil avant que les recruteurs puissent le contacter.
Ce baromètre est tiré des profils complets créés sur l’application Licorn entre son lancement, le 19 août 2026, et le 19 octobre 2026. Toutes les données sont anonymisées et agrégées, exprimées en pourcentages et en médianes, sans aucun nombre total. Il sera mis à jour chaque trimestre sur cette page.
Méthode : d’où viennent ces chiffres
- La base. Les profils candidats créés sur Licorn entre le 19 août et le 19 octobre 2026, extraits le 19 octobre 2026 sous forme anonymisée : aucun nom, aucun e-mail, aucun identifiant exploitable. Nous ne retenons que les profils complets, c’est-à-dire visibles par les recruteurs. Les profils en cours de création, dont les conditions ne sont pas encore toutes posées, sont écartés.
- Le domicile. La localité est obligatoire dans le profil. Le pays et le canton en sont dérivés, puis vérifiés sur le répertoire officiel des localités de swisstopo. Le niveau de formation est renseigné par 85 % des profils complets, l’âge, le statut et les exigences par la totalité.
- Les salaires. Ce sont les salaires annuels bruts cibles saisis par les candidats, tels qu’ils les demandent. Les valeurs inférieures à 20’000 ou supérieures à 400’000 francs, manifestement saisies sur une autre base, ont été écartées. Nous donnons la médiane et, quand c’est utile, les quartiles et le seuil des 10 % les plus exigeants (P90).
- Le seuil de publication. Aucun chiffre n’est publié pour un groupe de moins de 30 profils. Les données sur les propositions reçues et acceptées ne sont pas encore publiées : le volume est trop faible pour être représentatif. Elles le seront dans une prochaine édition.
- Ce que ce baromètre n’est pas. Il décrit les candidats inscrits sur Licorn, pas l’ensemble des actifs romands. La base est plus jeune et plus orientée vers la vente, l’administration et la logistique que la population active. Pour les salaires effectivement payés, voyez notre top 10 des métiers les mieux payés, fondé sur l’enquête de l’OFS.
Qui sont les candidats en recherche d’emploi sur Licorn
Six sur dix habitent en Suisse, quatre sur dix en France voisine
Domicile : Suisse 61 %, France 38 %, autres pays 1 %. Les candidats domiciliés en France viennent d’abord du Genevois et du Chablais : Annemasse, Thonon-les-Bains, Annecy, Saint-Julien-en-Genevois, Ferney-Voltaire, Gex. Ils cherchent un emploi en Suisse romande au même titre que les résidents.
Parmi les résidents suisses, Vaud et Genève en tête
Canton de domicile des candidats résidant en Suisse : Vaud 46 %, Genève 20 %, Fribourg 13 %, Valais 8 %, Neuchâtel 6 %, Berne 3 %, Zurich 2 %, Jura 1 %. La base est romande à plus de 95 %.
Une base jeune : 54 % ont moins de 35 ans
25-34 ans 32 %, 35-44 ans 23 %, 16-24 ans 22 %, 45-54 ans 17 %, 55 ans et plus 6 %. Les plus de 45 ans représentent tout de même près d’un quart des candidats.
Formation : une moitié de diplômés du supérieur
Parmi les profils qui ont renseigné leur formation : formation supérieure 51 %, formation professionnelle 37 %, formation de base 12 %.
Quatre candidats sur cinq en recherche active, un sur cinq en veille
Recherche active 79 %, « à l’écoute » 21 %. Le cinquième en veille est en poste et n’envoie aucune candidature : il n’est joignable que par une proposition qui respecte ses conditions.
Les branches les plus représentées
Commercial et vente 27 %, administration et secrétariat 23 %, achat et logistique 19 %, informatique 14 %, industrie et production 13 %, comptabilité et fiscalité 12 %, bâtiment et construction 12 %, marketing et médias 10 %, restauration 10 %, conciergerie et nettoyage 8 %, direction d’entreprise 7 %. Un profil peut cocher plusieurs branches.
Quel salaire les candidats exigent-ils pour un emploi en Suisse romande ?
72’000 francs par an en médiane
La moitié des candidats demandent moins, la moitié plus. Le quart le moins exigeant se situe sous 60’000 francs, le quart le plus exigeant au-dessus de 95’000 francs, et les 10 % les plus exigeants au-dessus de 130’000 francs. Le salaire minimum en dessous duquel ils ne descendent pas est de 65’000 francs en médiane.
Vaud devant, Valais et France voisine derrière
Médiane par domicile : Vaud 84’000 francs, Fribourg 78’000, Berne 72’800, Genève 72’000, Neuchâtel 72’000, Valais 70’000, France voisine 70’000. Genève ne dépasse pas Vaud : la base genevoise compte plus de profils dans la vente et les services, celle du canton de Vaud plus de profils qualifiés. Le Jura n’atteint pas le seuil de 30 profils.
Le diplôme pèse 28’000 francs
Médiane par formation : supérieure 90’000 francs, professionnelle 70’000 francs, de base 62’400 francs. L’écart entre une formation professionnelle et une formation supérieure est de 20’000 francs sur le salaire demandé.
Le salaire exigé plafonne entre 35 et 54 ans
Médiane par âge : 16-24 ans 62’400 francs, 25-34 ans 72’000, 35-44 ans 84’000, 45-54 ans 84’000, 55 ans et plus 78’000. Les candidats de plus de 55 ans demandent 6’000 francs de moins que ceux de 35 à 54 ans.
Les candidats en veille demandent 12’000 francs de plus
Médiane de 84’000 francs pour les profils « à l’écoute », contre 72’000 francs pour ceux en recherche active. Qui a déjà un emploi négocie plus haut, et ne bougera pas pour moins.
Face aux salaires payés : un écart de mesure à connaître
72’000 francs par an font 6’000 francs par mois sur douze mois, ou 5’538 francs sur treize. La médiane des salaires payés en Région lémanique est de 6’998 francs bruts standardisés par mois selon l’OFS (enquête 2024), mais elle couvre l’ensemble des salariés, plus âgés et plus qualifiés en moyenne que notre base. Les deux chiffres ne se comparent pas directement.
Les branches où les candidats demandent le plus
100’000 francs et plus
Direction d’entreprise 126’000 francs, informatique et télécommunication 115’000 francs, science et recherche 100’000 francs, droit 100’000 francs. Pour la direction, le quart le plus exigeant demande plus de 160’000 francs ; pour l’informatique, plus de 140’000 francs.
Entre 80’000 et 100’000 francs
Marketing et médias 90’000 francs, comptabilité et fiscalité 90’000, ressources humaines 90’000, banque et économie 85’000, pharmacie et chimie 80’000, assurance 80’000.
Entre 70’000 et 80’000 francs
Immobilier 75’400 francs, sport 75’000, administration et secrétariat 72’000, industrie et production 72’000, formation et pédagogie 72’000, bâtiment 72’000, art et culture 72’000, santé 72’000, commercial et vente 70’000, achat et logistique 70’000, social 70’000, horlogerie 70’000, artisanat 70’000.
Moins de 70’000 francs
Sécurité 66’000 francs, hôtellerie 62’400, conciergerie et nettoyage 60’000, restauration 60’000. Ce sont aussi les branches où les candidats domiciliés en France sont les plus présents.
Le signal pour les recruteurs
Dans l’informatique, le salaire exigé en médiane (115’000 francs) est quasiment au niveau de la médiane payée aux spécialistes TIC en Région lémanique selon l’OFS (9’799 francs par mois, soit 117’588 francs sur douze mois standardisés) : les attentes sont alignées sur le marché. Dans la santé, les candidats demandent 72’000 francs quand le marché paie 8’266 francs par mois aux spécialistes : la base Licorn y compte surtout des profils intermédiaires et d’assistance.
Taux d’activité, télétravail, contrat : les conditions posées
56 % ne veulent qu’un plein temps
Taux d’activité exigé : 100 % uniquement pour 56 % des candidats. Les 44 % restants acceptent un temps partiel, et 15 % descendent jusqu’à 50 % ou moins. Un poste à 80 % touche donc près d’un candidat sur deux.
85 % sont ouverts au télétravail, 1 % l’exigent à plein temps
Télétravail : ouverts 85 %, aucun télétravail souhaité 14 %, télétravail à 100 % exigé 1 %. Le télétravail intégral est marginal dans les exigences ; un candidat sur sept préfère explicitement le bureau.
94 % acceptent un CDI, 58 % une mission temporaire
Types de contrat acceptés : CDI 94 %, mission temporaire 58 %, freelance 14 %, stage 7 %, apprentissage 4 %. Un profil peut en cocher plusieurs : 37 % ne veulent qu’un CDI, 38 % acceptent CDI ou mission temporaire.
Le télétravail va avec les salaires les plus élevés
Les candidats ouverts au télétravail demandent 75’000 francs en médiane, ceux qui le refusent 65’000 francs. L’écart tient aux branches : les métiers de terrain, moins payés, sont ceux qui n’ont pas besoin de télétravail.
Les candidats domiciliés en France sont plus souvent à plein temps
64 % d’entre eux ne veulent qu’un plein temps, contre 50 % des résidents suisses. Ils sont aussi plus jeunes (63 % ont moins de 35 ans, contre 48 %) et plus souvent en recherche active (83 % contre 76 %). Notre guide pour vivre en France et travailler en Suisse détaille leur statut.
Ce que ces chiffres changent, côté recruteur et côté candidat
Si vous recrutez. Un candidat complet sur cinq est en poste et en veille : il ne répond à aucune annonce, mais il a posé ses conditions, et il demande 12’000 francs de plus que les autres. Une proposition qui les respecte est le seul moyen de l’atteindre. Sur le salaire, raisonnez par branche et par formation : la médiane générale de 72’000 francs ne vous dira rien pour un profil informatique à 115’000 francs ni pour un profil logistique à 70’000 francs. Sur les conditions, le taux d’activité et le type de contrat font plus de différence que le télétravail. Et près de quatre candidats sur dix habitent en France voisine : un poste réservé aux résidents suisses se prive d’eux.
Si vous cherchez un emploi. Situez votre exigence salariale dans votre branche et votre tranche d’âge, puis comparez-la aux salaires effectivement payés dans notre top 10 des métiers les mieux payés. Si votre métier figure dans notre top 10 des métiers les plus recherchés, vous pouvez viser le quartile supérieur. Et pensez en rémunération totale : le 13e salaire et les bonus comptent, voyez nos conseils pour négocier son salaire. Pour un emploi dans un canton précis, nos pages emploi à Genève, emploi dans le canton de Vaud, emploi à Fribourg, emploi en Valais, emploi à Neuchâtel et emploi dans le Jura détaillent les secteurs qui recrutent.
La méthode Licorn : les conditions d’abord, la candidature jamais
Le candidat pose ses exigences
Salaire annuel, taux, télétravail, contrat, lieu : tout est dans le profil avant le premier contact. C’est ce qui rend ces chiffres possibles, et c’est ce qui évite les entretiens inutiles.
Le recruteur fait une proposition
Il ne reçoit pas de candidatures, il envoie un poste précis à des profils dont il connaît déjà les conditions. Licorn génère le CV à partir du profil.
Le profil reste invisible pour l’employeur actuel
C’est ce qui permet aux 21 % de candidats en veille d’être présents sans risque, et de capter les opportunités sans chercher.
Questions fréquentes sur le baromètre de l’emploi Licorn
72’000 francs bruts par an en médiane, avec un quart des candidats sous 60’000 francs et un quart au-dessus de 95’000 francs. La médiane monte à 90’000 francs pour les diplômés du supérieur, à 115’000 francs dans l’informatique et à 126’000 francs pour les profils de direction. Ces montants sont ceux que les candidats saisissent dans leur profil Licorn, pas les salaires effectivement payés.
44 % acceptent un taux inférieur à 100 %, et 15 % descendent jusqu’à 50 % ou moins. Les 56 % restants ne veulent qu’un plein temps. Un poste ouvert à 80 % atteint donc près d’un candidat sur deux, contre un peu plus d’un sur deux pour un poste à 100 % strict.
Non. 85 % des candidats y sont ouverts, mais seuls 1 % exigent un télétravail intégral, et 14 % préfèrent ne pas en faire du tout. Le télétravail est un plus apprécié, rarement une condition.
Le baromètre est publié en pourcentages et en médianes, sans effectifs, et aucun chiffre n’est donné pour un groupe de moins de 30 profils. Les données sur les propositions reçues et acceptées sont encore trop peu nombreuses pour être représentatives : elles paraîtront dans une prochaine édition, avec la même règle.
Oui. 38 % des candidats complets habitent en France voisine, surtout dans le Genevois et le Chablais, et cherchent un emploi en Suisse romande comme les résidents. Nous les présentons séparément quand leur profil diffère : ils sont plus jeunes, plus souvent à plein temps, et demandent 70’000 francs en médiane contre 84’000 francs pour les Vaudois.
Pas directement : l’OFS mesure les salaires payés, standardisés sur un plein temps de 40 heures et 13e salaire inclus, pour l’ensemble des salariés ; le baromètre mesure les salaires demandés par des candidats inscrits, plus jeunes et plus présents dans la vente, l’administration et la logistique. Le baromètre est mis à jour chaque trimestre sur cette page, avec la date d’extraction indiquée.
En résumé
Les candidats en recherche d’emploi en Suisse romande demandent 72’000 francs par an en médiane, veulent à 56 % un plein temps, sont à 85 % ouverts au télétravail sans l’exiger, acceptent à 94 % un CDI et à 58 % une mission temporaire. Un sur cinq est en poste et en veille, et c’est lui qui demande le plus. Près de quatre sur dix habitent en France voisine. Le diplôme et la branche font varier l’exigence du simple au double.
Prochaine édition en janvier 2027, avec les données sur les propositions.
Sources
- Licorn, profils candidats complets créés sur l’application entre le 19 août et le 19 octobre 2026, extraction anonymisée du 19 octobre 2026 (données internes agrégées, seuil de 30 profils par groupe)
- swisstopo, Répertoire officiel des localités, utilisé pour vérifier le pays et le canton de domicile
- OFS, STAT-TAB : Salaire mensuel brut selon la grande région, le groupe de professions, l’âge et le sexe (ESS 2024), utilisé pour la comparaison avec les salaires payés
- OFS, communiqué du 25 novembre 2025 : premiers résultats de l’enquête suisse sur la structure des salaires 2024